Empire Burlesque divise par sa production des années quatre-vingt, entre synthétiseurs et chœurs. Dark Eyes, chanté seul à la guitare, referme le disque sur une note de gravité inattendue.

Empire Burlesque tente de concilier l'écriture de Dylan avec les canons de production du milieu des années 1980 — synthétiseurs, boîtes à rythmes, mixage brillant confié en partie à Arthur Baker, producteur alors associé à la new wave et au hip-hop new-yorkais — un choix qui date rapidement le disque et divise durablement la critique.
Tight Connection to My Heart et Emotionally Yours comptent parmi les compositions les plus mélodiques de la période, tandis que Dark Eyes, seul titre enregistré en voix et guitare seules sans la production surchargée du reste de l'album, est unanimement salué comme l'un des plus beaux morceaux de la décennie chez Dylan — un contraste qui souligne, en creux, les limites de l'habillage sonore choisi pour le reste du disque.
L'album illustre une tension récurrente dans la discographie des années 1980 de Dylan : l'écriture reste souvent solide, parfois remarquable, mais la production contemporaine dans laquelle elle est coulée vieillit nettement moins bien que les compositions elles-mêmes, un problème que Dylan ne résoudra durablement qu'à la fin de la décennie avec Oh Mercy.
Accueilli avec un scepticisme poli plutôt qu'un rejet franc, Empire Burlesque reste aujourd'hui surtout écouté pour Dark Eyes et quelques mélodies solides noyées sous des choix de production qui trahissent, plus que tout autre disque de sa carrière, les modes sonores éphémères de leur époque.
Enregistré en 1984 et 1985 avec des producteurs et musiciens de session. When the Night Comes Falling from the Sky existe dans une version plus dépouillée, parue sur les Bootleg Series.