Trois albums ouvertement chrétiens, des concerts qui scandalisent, puis une longue traversée d'incertitude refermée par un chef-d'œuvre tardif.
À la fin des années 1970, Dylan traverse une conversion religieuse affichée, liée à son passage par l'église de la Vineyard Fellowship. Le résultat est une trilogie d'albums ouvertement chrétiens : Slow Train Coming (1979), enregistré avec Mark Knopfler et Pick Withers de Dire Straits, Saved (1980), puis Shot of Love (1981).
Sur scène, il refuse pendant des mois de jouer ses anciennes chansons, n'interprétant que le nouveau répertoire. Des spectateurs sortent, des salles se vident ; les tournées de 1979 à 1981 restent parmi les plus contestées de sa carrière. Pourtant, Gotta Serve Somebody lui vaut son premier Grammy.
Le retour au répertoire profane se fait par paliers. Infidels, en 1983, produit par Mark Knopfler, retrouve une écriture mordante avec Jokerman ; puis Empire Burlesque, en 1985, divise par sa production des années quatre-vingt.
Le milieu de la décennie est le plus bas. Knocked Out Loaded (1986) et Down in the Groove (1988) sont tenus pour des échecs. Dylan enchaîne les tournées — avec Tom Petty & the Heartbreakers en 1986, avec le Grateful Dead en 1987 — sans retrouver le fil d'un disque majeur.
La bouffée d'air vient d'ailleurs : les Traveling Wilburys, le supergroupe formé en 1988 avec George Harrison, Roy Orbison, Jeff Lynne et Tom Petty, redonne à Dylan le plaisir de chanter en collectif et un regain de visibilité.
La décennie se referme sur Oh Mercy, enregistré en 1989 à La Nouvelle-Orléans avec Daniel Lanois. L'ambiance nocturne du disque, et des chansons comme Man in the Long Black Coat ou Most of the Time, relancent une carrière en berne et annoncent la renaissance des années 1990.







