Une décennie de ruptures : le retour sur scène en 1974, la séparation avec Sara, la Rolling Thunder Revue et l'album que beaucoup tiennent pour son sommet d'écriture.
La décennie s'ouvre sur un disque mal compris. Self Portrait, en 1970, provoque la critique devenue célèbre de Greil Marcus dans Rolling Stone : « What is this shit ? ». New Morning, la même année, rétablit un peu l'image ; puis Dylan se tait, installé à Woodstock, père de cinq enfants, à l'écart.
Il ne sort de ce silence que par touches : le single « George Jackson » en 1971, la bande originale de Pat Garrett & Billy the Kid en 1973, avec l'incontournable Knockin' on Heaven's Door. Le retour véritable a lieu en 1974 : la tournée avec The Band, sa première en huit ans, remplit des stades et donne l'album live Before the Flood.
La rupture avec Sara, entamée au milieu des années 1970, nourrit l'album que beaucoup tiennent pour son sommet d'écriture. Blood on the Tracks, en janvier 1975, est enregistré une première fois à New York, puis pour moitié réenregistré à Minneapolis avec des musiciens locaux, après que Dylan a jugé le disque trop lisse.
La Rolling Thunder Revue, revue itinérante de 1975, réunit sur les routes Joan Baez, Roger McGuinn, Allen Ginsberg et une troupe bigarrée. Desire, en 1976, coécrit avec Jacques Levy, en est le prolongement direct : c'est l'album de Hurricane et de One More Cup of Coffee.
La fin de décennie est plus heurtée. Le divorce est prononcé en 1977. Street-Legal, en 1978, précède une immense tournée mondiale au grand orchestre, captée en partie par le film Renaldo and Clara, que la critique accueille fraîchement.
À l'orée des années 1980, Dylan est au creux : une vie personnelle reconstruite, une voix usée, une production en panne. C'est à ce moment-là qu'intervient la conversion religieuse qui donne à la décennie suivante son tour inattendu.








