Troisième et dernier volet de la trilogie gospel, Shot of Love referme la parenthèse chrétienne. Every Grain of Sand, ballade de bout de chemin, est souvent citée parmi les plus belles chansons de Dylan.

Troisième et dernier volet de la trilogie évangélique, Shot of Love amorce un retour progressif vers des thématiques plus séculières, sans renoncer totalement au vocabulaire religieux des deux disques précédents — un entre-deux qui reflète, selon les biographes, un assouplissement réel des certitudes dogmatiques de Dylan à cette période.
Every Grain of Sand, qui referme l'album, compte parmi les compositions les plus habitées de toute sa période chrétienne : une méditation sur la grâce et le doute, à la fois biblique et personnelle, que la critique s'accorde à ranger parmi ses plus grands textes, toutes périodes confondues, malgré l'accueil global mitigé réservé au reste du disque. Lenny Bruce, hommage inattendu à l'humoriste provocateur mort d'overdose une décennie plus tôt, illustre à l'inverse le retour progressif de Dylan vers des sujets profanes.
La production, plus disparate que celle des deux albums précédents, souffre de la multiplication des sessions et des musiciens engagés — Ringo Starr et Ron Wood participent à certaines séances —, ce qui donne au disque une cohérence moindre que celle, très maîtrisée, de Slow Train Coming.
Accueilli avec un mélange persistant de scepticisme et de lassitude par la critique, Shot of Love clôt une trilogie que l'histoire retiendra comme l'une des périodes les plus controversées, mais aussi les plus sincèrement habitées, de toute la carrière de Dylan.
Enregistré en 1981, l'album mêle ferveur et retour progressif au répertoire profane. Le morceau Every Grain of Sand en est resté le sommet, régulièrement repris sur scène.