Tempest renoue avec le souffle épique : la chanson-titre, près de quatorze minutes sur le naufrage du Titanic, et des ballades amères comme Pay in Blood composent un album sombre et drôle.

Publié pour le cinquantenaire de son tout premier disque, Tempest referme la trilogie tardive entamée avec Modern Times et Together Through Life sur son versant le plus sombre et le plus violent, porté par des textes d'une noirceur rare même à l'aune de sa discographie la plus âpre.
Le morceau-titre, plus de quatorze minutes, reconstruit le naufrage du Titanic vers par vers dans une longue ballade narrative qui ne cherche jamais l'exactitude historique mais l'accumulation d'images funèbres et carnavalesques ; Tin Angel déroule un triangle amoureux qui s'achève dans un bain de sang digne d'une ballade élisabéthaine. Roll On John referme le disque sur un hommage direct à John Lennon, assassiné plus de trente ans auparavant, dans l'un des rares moments du disque où Dylan lève le voile de la fiction pour une adresse personnelle.
Le titre, Tempest, évoque immanquablement La Tempête de Shakespeare, dernière pièce du dramaturge anglais — une association qui a nourri toutes sortes de spéculations sur un possible disque testamentaire, aussitôt démenties par Dylan lui-même, amusé par le parallèle mais sans intention d'en faire une déclaration d'adieu.
Salué par la critique comme l'un des disques les plus habités de sa période tardive, Tempest confirme, à plus de soixante-dix ans, une noirceur d'écriture et une ambition narrative qui n'ont rien perdu de leur intensité depuis les grandes fresques de Desire ou de Highway 61 Revisited.
Enregistré en 2012 avec son groupe de tournée. Duquesne Whistle, single d'ouverture, mêle swing et train fantôme ; la chanson-titre déroule un récit de naufrage où les siècles se superposent.
Le disque, à la fois ample et concentré, est salué comme l'un des meilleurs de la période tardive.